Si le médecin le souhaite, il peut continuer ou reprendre un exercice médical libéral pendant sa retraite.
Les médecins retraités, sous réserve qu’ils aient liquidé l’ensemble de leurs pensions personnelles
auprès des régimes de retraite obligatoires (de base et complémentaires, français et étrangers)
dont ils ont relevé, peuvent cumuler sans limitation leur retraite et le revenu d’une activité professionnelle
s’ils ont la durée d'assurance nécessaire pour bénéficier d’une retraite à taux plein
ou, à défaut, à partir de l’âge de la retraite à taux plein.
Les médecins ne remplissant pas ces conditions, peuvent quant à eux, exercer une activité procurant des revenus limités (schéma ci-dessous).
À défaut, le versement de la pension sera suspendu à hauteur du dépassement.

Elles ne sont pas appliquées :
- aux revenus tirés de la participation à la permanence des soins,
- aux revenus tirés (sous certaines conditions) des activités juridictionnelles, artistiques, littéraires, scientifiques ou consultatives.
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Important |
Le médecin doit prévenir la CARMF lorsqu’il cesse son activité libérale.
En cas de maintien ou de reprise de cette activité, il doit effectuer les démarches suivantes auprès :
de la CARMF
- adresser par courrier, une demande de retraite en précisant le maintien de l’activité libérale,
- retourner la déclaration d’activité dans les trente jours suivant la reprise d’activité,
afin que la CARMF procède à la réaffiliation aux régimes de base, complémentaire, ASV et ADR,
- en cas de cumul intégral, retourner la déclaration sur l’honneur mentionnant
les noms des organismes ayant liquidé les droits à retraite,
(faute de retour de ce document dans le délais d’un mois, une pénalité sera appliquée),
- adresser l’avis d’imposition avant le 31 décembre de l’année suivant la
poursuite ou la reprise de l’activité,
d'autres organismes
- prévenir le Conseil départemental de l’Ordre des médecins de sa demande de retraite avec cumul d’une activité libérale,
- souscrire une assurance responsabilité civile professionnelle,
- effectuer également toutes les démarches habituelles inhérentes à une reprise d’activité auprès des organismes concernés (URSSAF, caisses maladie...).
Le cumul retraite/activité libérale ne concerne ni les médecins retraités de moins de 65 ans au titre de l’inaptitude, ni les bénéficiaires du régime de préretraite (MICA) qui doivent attendre de percevoir leur retraite pour reprendre une activité, à l’exception de la participation à la permanence des soins.
Les médecins régulateurs dans le cadre de la permanence des soins ainsi que les médecins remplaçants, relèvent de la CARMF à titre obligatoire de par le caractère libéral de leur activité.
Ces médecins peuvent demander à être dispensés d’affiliation à la CARMF en cas de non assujettissement à la contribution économique territoriale (CET). Cette dispense est possible sous réserve que leur revenu professionnel non salarié ne dépasse pas celui ouvrant droit à une dispense d’affiliation au régime ASV (c’est-à-dire des revenus inférieurs à 11 500 € pour 2011).
Si le médecin devait être imposé de manière rétroactive à la CET ou dépasser le plafond de revenus (qui fera l’objet d’un contrôle), il serait demandé le rappel de cotisations arriérées auquel s’ajouteraient les majorations de retard qui courent automatiquement à compter de la date d’échéance normale.
Le Conseil d'administration s'appuie sur la jurisprudence sociale en vertu de laquelle les actes d'expertise pour les compagnies d'assurance, par exemple, constituent bien l'exercice de la médecine libérale.
L’assujettissement, au régime général des travailleurs salariés, sous certaines conditions,
de la rémunération perçue par certains médecins employés par l’État, conformément à la loi n° 98-1194 du 23 décembre 1998
et au décret n° 2000-35 du 17 janvier 2000, est sans effet sur le droit applicable au lien existant entre les personnes visées
et les administrations concernées.
Même si elles ne donnent pas lieu à cotisations CARMF, ces rémunérations doivent être prises en compte dans le cadre du plafond de revenu autorisé,
à l’exception, depuis un décret du 22 août 2005, de celles tirées des expertises judiciaires.
L’activité salariée, exercée dans un lien de subordination et faisant l’objet d’une rémunération sur laquelle les charges sociales sont prélevées, est possible dans tous les cas (sauf inaptitude).
Dans le cadre d’une pratique de la médecine au sein d’une SEL, le rattachement au régime général des salariés des gérants égalitaires ou minoritaires des SELARL, des directeurs généraux ou présidents-directeurs généraux des SELAFA ne vaut que pour leur seule activité de mandataire social.
Les médecins en cumul retraite / activité libérale doivent cotiser à la CARMF.
Ils sont dispensés des cotisations au régime invalidité-décès. Cependant, ils n’acquièrent pas de nouveaux droits.
Le médecin et sa famille ne bénéficient plus de certaines prestations du régime invalidité-décès :
indemnités journalières, rente invalidité, capital décès.
En cas de décès, les rentes sont versées, le cas échéant, au conjoint s’il est âgé de moins de 60 ans,
et aux enfants âgés de moins de 21 ans (25 ans en cas de poursuite des études).
Les cotisations liées au cumul sont déductibles dans les mêmes conditions que les cotisations versées avant la retraite.
Pour tous les médecins en cumul, avec ou sans limitation, les cotisations sont calculées
de la même manière que pour les médecins cotisants, en fonction des revenus non salariés nets de l’avant-dernière année.
Les médecins gardent la possibilité de demander le calcul à titre provisionnel de leurs cotisations des régimes de base
et complémentaire sur un revenu estimé pour l’année en cours, notamment en cas de baisse d’activité et donc des revenus.
Une majoration de 5 % s’applique sur l’insuffisance du versement des acomptes provisionnels dus
au titre des régimes de base et complémentaire d’assurance vieillesse lorsque les revenus définitifs sont supérieurs,
au titre de la même période, de plus d’un tiers aux revenus estimés.
Une régularisation systématique intervient deux ans après :
- lorsque le revenu professionnel de l’année est connu et à condition que le médecin soit toujours en activité
l'année en cours de laquelle la régularisation doit être opérée,
- systématiquement les cotisations dans les régimes de base et complémentaire ont été calculées à titre provisionnel sur la base de revenus estimés.
Les droits à la retraite étant liquidés à titre définitif, les cotisations ne donneront pas lieu à attribution de points de retraite et de trimestres d’assurance.
Le médecin retraité qui poursuit ou reprend une activité libérale doit cotiser sans acquisition de points :
- régime de base (RB),
- régime complémentaire (RCV).
Si le médecin est conventionné :
- régime des allocations supplémentaires de vieillesse (ASV),
- régime de l’allocation de remplacement de revenu (ADR).
| Base de calcul des cotisations (sous réserve des décrets) |
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Régimes
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Assiettes, plafonds
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Médecins |
Caisses
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| Base | Revenus non salariés nets N-2 Tranche 1 : jusqu’à 30 049 € (0,85 PSS)* Tranche 2 : de 30 049 € à 176 760 € (de 0,85 PSS à 5 PSS) |
8,6 %
|
- |
| RCV |
Revenus non salariés nets N-2 (dans la limite de 123 732 €) |
9,2 % |
- |
| ASV | Revenus non salariés nets N-2 |
Secteur 1 : 3 %(cotisation maximum1 380 €) Secteur 2 : 9 %(cotisation maximum4 140 €) |
6 % (max.)0 % |
| ADR | Revenus non salariés nets N-2 |
0,035 % |
0,077 % |
* PSS : Plafond de Sécurité sociale : 35 352 €
| Exemples de cotisations 2011 (en fonction des revenus 2009) |
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Régimes
|
20 000 € |
60 000 € |
80 000 € |
176 760 € |
|
Base |
1 720 € | 3 063 € | 3 383 € | 4 931 € |
| RCV |
1 840 € | 5 520 € | 7 360 € | 11 383 € |
| ASV |
600 € 1 800 € |
1 380 € 4 140 € |
1 380 € 4 140 € |
1 380 € 4 140 € |
| ADR |
7 € | 21 € | 28 € | 62 € |
| Total secteur 1 |
4 167 € 5 367 € |
9 984 € 12 744 € |
12 151 € 14 911€ |
17 756 € 20 516 € |
Poursuite de l’activité médicale libérale moins de deux ans après la liquidation des droits à la retraite.
Les cotisations proportionnelles sont calculées sur les revenus non salariés nets dans la limite des plafonds fixée dans chaque régime.
La cotisation est appelée à titre provisionnel en pourcentage des revenus non salariés nets de 2009
dans la limite de 176 760 € et sera régularisée en 2013 lorsque les revenus non salariés nets de 2011 seront connus.
Les cotisations des médecins qui, n’exercent aucune activité libérale médicale non salariée ou qui ont fait liquider leurs droits,
l’année au cours de laquelle la régularisation aurait dû être opérée, ne font pas l’objet de régularisation.
Cotisation maximale : 4 931 €
La cotisation est proportionnelle aux revenus non salariés nets de 2009 dans la limite de 123 732 €, sans régularisation ultérieure sauf en cas de revenus estimés.
Cotisation maximale : 11 383 €
Pour les seuls médecins retraités en cumul retraite/activité libérale, la cotisation est proportionnelle.
Elle est égale à 3 % pour les médecins en secteur 1 (le triple pour les secteurs 2) du revenu non salarié de l’année N-2
(sans régularisation ultérieure) et sans pouvoir être supérieure à la cotisation forfaitaire :
1 380 € pour les secteurs 1,
4 140 € pour les secteurs 2.
Cette cotisation est appelée sur un taux de 0,035 % du revenu tiré de l’activité conventionnelle de 2009 sans limitation.
Cotisations provisionnelles : en l’absence d’activité ou de revenus non salariés sur l’avant-dernière année (2009),
elles sont calculées sur une base forfaitaire.
- 1re année civile en 2011 : 18 fois la base mensuelle de calcul des prestations familiales (BMAF),
soit 7 006 €, représentant une cotisation de 603 €.
- 2e année civile en 2011 : 27 fois la BMAF soit 10 508 €
représentant une cotisation de 904 €.
Sur demande écrite adressée dans les 60 jours qui suivent l’appel de cotisations, s’il est estimé que le revenu 2011 sera inférieur aux montants forfaitaires retenus pour les deux premières années, il est possible de ne cotiser à titre provisionnel que sur la base de 1 800 € (200 fois le montant horaire du Smic).
Cotisations définitives :
Lorsque les revenus professionnels sont définitivement connus, les cotisations font l’objet d’une régularisation en N+2.
En 2013, il sera procédé à la régularisation de la cotisation de la 1re année civile en fonction des revenus déclarés
au titre de l’exercice professionnel en 2011.
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Important Une majoration de 10 % est appliquée à la différence entre les acomptes provisionnels effectivement versés et ceux qui auraient été acquittés sur la base forfaitaire normalement applicable lorsque le revenu définitif est supérieur ou égal à cette valeur. |
Taux de la cotisation 2011 = 9,2 % des revenus non salariés nets de 2009.
En l’absence d’activité et de revenus non salariés nets sur l’avant-dernière année (2009), la cotisation est nulle.
La cotisation est calculée sur les revenus non salariés de l’année N-2.
En cas de revenu nul, aucune cotisation n’est due.
Taux de la cotisation 2011 : 0,035 %
En l'absence d'activité conventionnelle sur l’avant-dernière année (2009)la cotisation est nulle.
Pour les seconde et troisième année de reprise d’activité, elles sont calculées sur des revenus forfaitaires.
| Montant des cotisations des deux premières années d’affiliation en 2011 (*) | ||||
Régimes |
1re année |
2e année |
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Secteur 1 |
Secteur 2 |
Secteur 1 |
Secteur 2 |
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| Base (provisionnel) |
603 € |
603 € |
904 € |
904 € |
|
Complémentaire vieillesse |
0 € |
0 € | 0 € | 0 € |
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ASV proportionnel (si revenu N-2 = 0 alors ASV = 0 |
0 € | 0 € | 0 € | 0 € |
| ADR |
0 € |
0 € | € | € |
| TOTAL | 603 € | 603 € | 904 € | 904 € |
Non conventionné |
603 € |
904 € |
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(*) Sous réserve des décrets
Le décret n° 2007-581 du 19 avril 2007 a modifié le mode de calcul des cotisations d’assurance vieillesse dues
par les médecins cumulant une activité libérale avec leur retraite, afin de rendre plus attractive cette possibilité.
Sur demande, les cotisations proportionnelles des régimes de base (provisionnelle) et complémentaire d’assurance vieillesse
peuvent être calculées sur la base de revenus estimés de la même année.
Elles feront l’objet d’une régularisation deux ans après (y compris pour le régime complémentaire),
lorsque les revenus définitifs seront connus.
Si les revenus définitifs sont supérieurs, au titre de la même période, de plus d’un tiers aux revenus estimés,
le décret prévoit qu’une majoration de 5 % sera alors appliquée sur l’insuffisance de versement des acomptes provisionnels dus
au titre des régimes de base et complémentaire.
Ce choix est généralement plus avantageux en cas de poursuite de l’activité libérale ou de sa reprise dans un délai inférieur à deux ans.
L’imprimé de déclaration des revenus estimés est disponible en téléchargement dans notre rubrique
Formulaires.
|
Attention Les revenus estimés sont annuels et non uniquement à la date d’effet de la retraite. |
- médecin de 65 ans, marié,
- sans enfant à charge (deux parts fiscales),
- 80 000 € de bénéfices non commerciaux,
- seul revenu d’activité du ménage,
- exercice en secteur 1,
- cotise depuis 30 ans à la CARMF.
En 2010, le montant de ses cotisations sociales s’élève à 21 857 €.
Il doit s’acquitter de 13 032 € d’impôts.
Son revenu net s’élève à 66 968 €.
De plus, il aura acquis cette année 485,2 points dans le régime de base,
7,08 points dans le régime complémentaire,
27 points dans l’ASV,
générant un supplément de retraite de 1 203 € bruts, soit 1 118 € nets.
Il aura donc 66 ans l’année prochaine et se demande s’il doit prendre ou non sa retraite.
Il conserve le même rythme de 80 000 € de revenus.
Chaque année cotisée lui rapporte un supplément de retraite de 1 116 € nets.
S’il avait validé plus de 160 trimestres, une majoration de 0,75 % se serait ajoutée
sur l’intégralité de la retraite du régime de base.
Ses revenus professionnels sont inchangés et s’élèvent à 80 000 €,
auxquels s’ajoutent 32 778 € nets de retraite.
Il lui reste après charges et impôts 90 620 €.
Ses cotisations CARMF ne viendront pas augmenter le montant de sa retraite qui,
une fois liquidée, ne peut être recalculée.
Il perçoit une retraite nette de 32 778 €(35 283 € bruts).
Après prélèvements et impôts, il lui reste 31 158 € nets correspondant à ses trente ans cotisés.
Ses revenus réels sont identiques à l’hypothèse 1).
Son BNC doit s’élever à 46 212 €, auquel s’ajoutent 32 778 € de retraite.
Il lui reste après charges et impôts 66 968 €.
Ses cotisations CARMF ne viendront pas non plus augmenter sa retraite.
Le médecin peut conserver le même revenu en maintenant la moitié de son activité.
| Quatre situations possibles | ||||
Quatre situations possibles |
1
|
2 |
3 |
4 |
| BNC (Revenus d’activité) | 80 000 € | 80 000 € | - | 46 212 € |
| Retraite nette | - | 32 778 € | 32 778 € | 32 778 € |
|
Cotisations sociales (taux 2010) CARMF Assurance maladie (CNAMTS) Allocations familiales CSG et CRDS (7,5 % + 0,5 %) CFP (Formation professionnelle) CURM (Union régionale) |
12 851 € 88 € 1 273 € 7 536 € 52 € 177 € |
12 151 € 88 € 1 258 € 7 480 € 52 € 177 € |
- - - - - - |
8 491 € 51 € 413 € 4 413 € 52 € 177 € |
|
Cotisations sociales sur retraite CSG et CRDS (0,6 % + 0,5 %) |
- |
2 505 € |
2 505 € |
2 505 € |
TOTAL Cotisations sociales |
21 962 € |
23 711 € |
2 505 € |
16 101 € |
|
Impôts Assiette IR - dont bénéfice (revenus activité) - dont retraite (CSG déductible à 4,2 % puis abattement fiscal à 10 % soit 4 862 €) |
80 000 € |
110 421 € 80 000 € 30 421 € |
830 421 € |
76 633 € 46 212 € 30 421 € |
| Montant impôt/revenu (2 parts) |
12 867 € |
21 994 € |
1 581 € |
12 287 € |
|
Revenu réel (après impôts) (1re année) |
67 133 € | 90 784 € | 31 197 € | 58 703 € |
Le tableau ci-dessous permet de comparer financièrement la poursuite d’activité avec les hypothèses de retraite ou de cumul retraite/activité libérale pendant une année, à partir de 65 ans.
| Récapitulatif | ||||
Revenu |
1
|
2 |
3 |
4 |
Activité |
Oui | Oui | Non | Oui (réduite) |
Revenus d'activité nets |
80 000 € | 80 000 € | 0 € | 46 212 € |
Perception retraite |
Non 0 € |
Oui 32 778 € |
Oui 32 778 € |
Oui 32 778 € |
Supplément
|
1 118 € | 0 € | 0 € | 0 € |
Revenus réels
|
66 968 € |
90 784 € |
31 197 € |
58 703 € |
| Le médecin en cumul retraite/activité libérale est un médecin qui
perçoit dans 72 % des cas une retraite supérieure à la moyenne. C’est donc davantage par choix que par nécessité que les retraités choisissent le cumul. |
