La démographie sous surveillance
Pour que les régimes de retraite soient en équilibre, la démographie de ses affiliés doit être surveillée.

Le vieillissement de la population médicale
Le vieillissement de la population médicale s’accroît inexorablement depuis ces vingt dernières années, tout comme l’âge moyen d’affiliation des médecins libéraux qui ne cesse d’augmenter.

Pyramide des âges des cotisants
La pyramide des âges des médecins libéraux cotisants vient corroborer le vieillissement global de la population médicale. En effet, on constate que sur un effectif de 86 487 médecins hommes, l’âge moyen est de 53,97 ans et que parmi ceux-ci, 29 % ont 60 ans et plus. Les 39 827 femmes sont également touchées par le vieillissement de leur effectif avec un âge moyen de 49,74 ans. Plus de 34 % d’entre elles ont plus de 55 ans.

Quelle évolution des effectifs ?
Le nombre de médecins cotisants reste stable. Cependant, il faut relativiser ce phénomène car il est dû à l’apparition, depuis quelques années, des médecins en cumul retraite / activité libérale (voir statistiques "Évolution des effectifs").

Sans ces derniers, le nombre de médecins cotisants serait en régression de 3 % depuis 2005.

 

 

Quelles sont les principales spécialités ?
La médecine générale est de loin la première spécialité d’installation en libéral, avec un effectif de 68 201 médecins dont 69 % des affiliés sont des hommes.
L’âge moyen des médecins généralistes est nettement inférieur à celui des autres spécialités.
Il varie fortement de 51,80 ans pour les généralistes, à 55,51 ans pour les psychiatres et à 54,57 ans pour les gynécologues obstétriques.

Répartition des affiliés par sexe et par spécialité
au 1er juillet 2010
Spécialités Hommes Femmes Age moyen

Médecine générale

46 964 21 237 51,80 ans

Chirurgie

6 211 364 51,76 ans

Radiologie Imagerie médicale

4 420 1 439 52,37 ans

Pathologie cardio-vasculaire

3 841 693 52,91 ans

Psychiatrie générale

3 767 2 396 55,51 ans

Ophtalmologie

2 913 2 056 53,85 ans

Gynécologie obstétrique

2 419 1 335 54,57 ans



 

Médecins généralistes (3)
Proportion des plus de 55 ans
38,4 % des généralistes libéraux non retraités ont plus de 55 ans. La moyenne d’âge nationale est de 51,44 ans.

La proportion de médecins généralistes âgés de plus de 55 ans est globalement très importante sur tout le territoire et notamment, dans les régions de Paris et d’Orléans où plus de deux médecins généralistes sur cinq sont âgés de plus de 55 ans.

Proportion des plus de 60 ans
En 2010, 16,1 % des généralistes ont plus de 60 ans soit 10 765 médecins. En 2015, ils auront plus de 65 ans et seront en âge de prendre leur retraite. 38 % des médecins actuels dépasseront cet âge dès 2020 représentant un effectif de plus de
 25 000 médecins. La carte met en évidence le vieillissement global de la population médicale des généralistes sur la France entière. Toutes les régions françaises accusent une proportion de médecins généralistes de plus de 60 ans supérieure à 15 %, à l’exception des régions de Lille, de Lyon, de Limoges et de Strasbourg. Les régions de Bordeaux, de Toulouse et de Paris subissent, quant à elles, un vieillissement plus marqué avec plus de 18 % de médecins généralistes de plus 60 ans.

 

 

 

 

 

Médecins spécialistes (4)
Proportion des plus de 55 ans
42,8 % des spécialistes libéraux non retraités ont plus de 55 ans. La moyenne d’âge nationale est de 52,96 ans. La région de Paris accuse une proportion de 47,9 % de spécialistes : pratiquement un médecin spécialiste sur deux est âgé de plus de 55 ans. La région d’Orléans est presque dans le même cas avec 44,29 %.

Proportion des plus de 60 ans
18,9 % des spécialistes ont plus de 60 ans. Ce vieillissement, supérieur à celui des généralistes, est amplifié avec une proportion de médecins spécialistes de plus de 60 ans supérieure à 15 % dans toutes les régions françaises. Les régions de Paris, de Nancy, de Dijon et d’Orléans subissent un vieillissement encore plus net : deux médecins spécialistes sur cinq ont plus de 60 ans !
Au niveau national, un médecin spécialiste sur cinq pourra partir en retraite dans cinq ans. Ce chiffre monte à un sur deux en 2020 représentant près de 24 000 médecins.

 

 

 

 

 

Évolution des âges moyens (1)
L’âge moyen des cotisants est passé de 43,60 ans en 1990 à 52,63 en 2010. L’âge moyen des nouveaux affiliés est dorénavant de 38,88 ans en 2010 alors qu’il était de 34,09 ans en 1990. L’âge moyen de départ en retraite subit une légère baisse depuis les années 2000 et passe de 66,29 ans à 65,26 ans en 2010.

 

 


 


Numerus clausus (2)
Pour pallier la baisse d’effectifs, il est possible d’agir sur un des seuls leviers permettant d’augmenter le nombre de médecins : le numerus clausus. Celui-ci est maintenu, depuis 2009, à 7 400 étudiants admis en deuxième année d’études médicales. Il était prévu de le porter à 8 000 dès 2010, seuil préconisé de longue date par l’Ordre des médecins et l’Observatoire national de la démographie des professions de santé (ONDPS).
Sachant que le numerus clausus produit ses effets entre dix et quinze ans après, le remplacement des départs en retraite des quinze prochaines années n’est absolument pas assuré.

En effet, en additionnant généralistes et spécialistes, ce sont près de 50 000 médecins qui pourraient partir en retraite d’ici dix ans. Avec le numerus clausus actuel, si seulement un tiers des étudiants en médecine choisissait l’exercice libéral, la France produirait seulement environ 2 500 nouveaux médecins libéraux par an. Il en manquerait donc 25 000 dans une dizaine d’année, ramenant l’effectif médical libéral à celui du milieu des années 80 où la population française était 15 à 20 % inférieure à celle d’aujourd’hui. C’est donc bien vers une pénurie médicale que l’on tend avec les risques sanitaires que l’on imagine.
 



Nouveaux affiliés (3)
Suite à la publication par le Conseil national de l'Ordre des médecins (CNOM) de l'atlas de la démographie 2010 et de chiffres concernant, en particulier, les installations en libéral, la CARMF a souhaité compléter ces études d’éléments issus de ses propres données relatives aux affiliations.


Les chiffres diffusés par le CNOM révèlent que, pour l'année 2009, 32,5 % des nouveaux inscrits au tableau de l'Ordre exercent une activité libérale de nature à entraîner une affiliation à la CARMF (8,6 % des intéressés s’installent en libéral et 23,9 % effectuent des remplacements). Les éléments relevés par la CARMF dans ses fichiers paraissent corroborer ces chiffres.

En effet, parmi les nouveaux affiliés entre le 1er juillet 2009 et le 30 juin 2010, 33 % ont obtenu leur thèse en 2009 ou 2010. Si les nouveaux affiliés semblent privilégier une première expérience post-doctorat de nature salariée, il faut néanmoins ajouter qu’ils sont nombreux à s’installer en libéral dans les quelques années qui suivent. Ainsi, 61 % des médecins nouvellement affiliés à la CARMF, se sont installés dans les cinq années qui ont suivi l'obtention de leur thèse.

Une étude réalisée sur les affiliations des cotisants actuels de 1989 à 2009 montre, à ce sujet, que l'écart moyen entre la date de thèse et l'affiliation à la CARMF est passé de 2,77 ans en 1989 à 6,62 ans en 2009. Cet allongement entre la thèse et l’installation libérale est plus flagrant chez les spécialistes : 3,83 ans en 1989 et 9,72 ans en 2009 contre 1,62 an en 1989 et 3,51 ans en 2009 pour les généralistes.


Il est aussi plus important pour les médecins hommes, puisqu’il passe de 2,68 ans en 1989 à 7,81 ans en 2009. Pour les médecins femmes, il est de 2,94 ans en 1989 et 5,33 ans en 2009. La proportion de femmes, lors de la 1re affiliation, progresse d’année en année. De 34,3 % en 1989, elle atteint 48,0 % en 2009. Il faut préciser pour conclure, que le nombre des affiliations prononcées actuellement par la CARMF est conforme à celui des années précédentes et en accord avec l'ensemble des projections réalisées par la caisse.

 

IMPORTANT

L'absence de déclaration
d'affiliation prive le médecin
de sa couverture du risque
de l'invalidité-décès
et l'expose à des majorations
de retard en cas d'affiliation
rétroactive.




Âge moyen à l’affiliation (4)
En dix ans, l'âge moyen à l'affiliation a augmenté de près de deux ans pour les femmes tandis que celui des hommes augmentait de plus de deux ans pour dépasser 40 ans. Ceci démontre une volonté tardive d'installation : les médecins cotisent donc moins longtemps et ceci change les paramètres de gestion des régimes de retraite, notamment ceux qui fonctionnent par répartition.

 

 

 

 

Dans quelles spécialités s’installent les jeunes médecins
Comme pour leurs aînés, la médecine générale est la première spécialité d’installation des jeunes affiliés. Avec 58 % de femmes médecins nouvellement affiliées, on constate que cette spécialité se féminise. Ce phénomène est également constaté en psychiatrie avec plus de 52 % de femmes médecins.
 

Cependant, sur les trois dernières années, 52 % des nouveaux affiliés sont des hommes, toutes spécialités confondues. La chirurgie a attiré plus particulièrement les hommes alors que les femmes n’ont été que 83 à s’installer dans cette spécialité. Inversement, 200 femmes ouvrent un cabinet libéral de pédiatrie alors qu’ils ne sont que 68 hommes à le faire.

Installation des jeunes médecins par spécialité
entre le 1er juillet 2007 et le 30 juin 2010
Spécialités Hommes   Spécialités Femmes
Médecine générale 2 128   Médecine générale 2 688
Chirurgie 707   Psychiatrie 237
Anesthésie réanimation 359   Radiologie imagerie médicale 223
Radiologie imagerie médicale 311   Pédiatrie 200
Pathologie cardio-vasculaire 308   Gynécologie obstétrique 171
Psychiatrie 217   Dermatologie vénérologie 151
Gynécologie obstétrique 193   Ophtalmologie 148
Autres spécialités 872   Autres spécialités 797
Total 5 095   Total 4 615


 


Installation des nouveaux affiliés (2)
Les nouveaux affiliés en libéral s’installent essentiellement dans les grands pôles urbains, tels que la région de Paris, de Bordeaux et de Marseille.
Cependant, même si l’on constate une raréfaction de l’installation en libéral dans les milieux ruraux, la proportion des nouveaux installés par rapport au nombre de médecins cotisants non retraités en activité, est quasiment identique pour l’ensemble des régions du territoire Français. Si l’on compare la région parisienne où se concentre le plus grand nombre de nouvelles installations à la région de Clermont-Ferrand où elles sont les moins nombreuses, la proportion de nouveaux installés en libéral est même supérieure dans la région de Clermont-Ferrand avec un taux de 2,7 % par rapport à une proportion de 2,3% pour Paris.

 

 



Flux démographiques (3)
Entre le 1er juillet 2009 et le 30 juin 2010, la CARMF a affilié 3 080 médecins. Pendant cette même période, 4 092 médecins notamment issus du « baby boom » ont pris leur retraite. Ce phénomène aura des conséquences sur le rapport démographique et engendrera des déséquilibres sur les régimes de retraite. L’augmentation du flux de nouveaux médecins retraités est en partie liée à la possibilité d’exercer dorénavant en cumul retraite / activité libérale, ce qui engendre un abaissement significatif de l’âge de départ à la retraite. (voir le graphique « Évolution des âges moyens » ici)