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  Informations de la CARMF n°64 - Décembre 2016 

 

 

Colloque

ColloqueColloque 2016

Quel soutien pour les médecins ?

L'action des associations

 

Dr Léopold Dr Léopold
APSS

« En 2003, j’ai bénéficié de l’aide du conseil national pour faire une enquête sur le suicide qui a montré une surexposition de 237 % à ce risque majeur pour la population médicale. »

 

C’est à partir de cette constatation, d’ailleurs déjà faite dans tous les pays d’Europe qui s’étaient intéressés au problème, que sont nés dans un premier temps l’AAPML de Éric GALAM et l’APSS.

L’APSS est née d’une décision commune du Président du conseil national de l’époque et du Président de la CARMF.

Nous avons commencé par suivre ce qui avait été fait dans les pays étrangers pour tirer le meilleur parti possible de leur expérience. Ce qui leur avait paru évident, c’est qu’une structure intermédiaire s’imposait entre les médecins malades et les grandes structures nationales. Cette structure intermédiaire était le seul moyen d’obtenir, d’une part une garantie de confidentialité, voire de secret, et d’autre part, de leur permettre de se rapprocher d’hôpitaux psychiatriques ou d’unité d’addictologie, sans la crainte de risques, supposés ou réels, dont on sait qu’ils sont un obstacle important à leur venue dans ces établissements.

Nous avons défini un cahier des charges relativement contraignant visant à offrir des délais d’accueil extrêmement courts des médecins, voire une immédiateté quand c’était absolument nécessaire, le risque suicidaire étant important. Nous demandions également d’avoir à terme des médecins spécialisés formés.

À l’APSS, pour aider les médecins à reprendre le travail, nous avons poussé à la création de l’ARPA qui est l’aide à la reprise progressive d’activité, calquée sur le mi-temps thérapeutique que connaissent les salariés.

Cette mesure a bénéficié à plusieurs centaines de médecins depuis quelques années, dans une relation qui est gagnant, gagnant : les médecins se portent mieux d’avoir été soignés, d’avoir repris le travail, d’avoir été réhabilités, et la CARMF fait finalement un certain nombre d’économies en évitant de voir passer la plupart de ces malades en invalidité définitive.

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Dr Carsin Dr Carsin
ERMB

« L’ERMB est une initiative récente dont l’objectif est d’appuyer ses actions sur celles que gèrent déjà les conseils départementaux. »

 

Le fonctionnement est simple et basé sur le volontariat et les ressources du CROM.

Nous communiquons par le biais de campagnes d’e-mailings envoyés par le conseil régional et relayées par les conseils départementaux. L’information doit être répétée, et la création récente d’un accès à des examens de santé pour les médecins en exercice au sein des centres de santé de la Sécurité sociale sera l’occasion de relancer les confrères qui oublient souvent ce qu’ils ont à leur disposition.

Nous proposons un accueil téléphonique aux heures ouvrables du secrétariat du CROM, qui sera à même d’orienter les soignants en difficulté, s’ils le souhaitent, vers les personnes ressources identifiées : CDOM, confrères, juristes ou autres. Il y a évidemment confidentialité des informations transmises à l’association mais pas anonymat pour les appels.

Nous avons réussi à établir des conventions de partenariat avec plusieurs établissements sur la région où les médecins peuvent être hospitalisés, y compris sous couvert d’anonymat, ce qui est facile à obtenir. Nous disposons d’un établissement généraliste pour chaque département breton. Deux de ces établissements ont aussi des orientations psychiatriques. Un établissement dans le Morbihan est plus spécialisé dans l’accueil des femmes.

L’ERMB apparaît plutôt comme une structure relais, le nombre d’interventions est assez faible. Nous avons déjà rendu service à un médecin d’un département voisin.
Il reste enfin le problème des internes non thésés, ces jeunes futurs médecins qui arrivent près de l’exercice médical avec déjà des difficultés majeures.

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Dr Evreux Dr Evreux
ASRA

« On pense que 40 % des médecins au cours de leur carrière sont touchés à des degrés divers par un épuisement professionnel. »

 

Le réseau ASRA, Aide aux soignants de Rhône-Alpes, a été mis en route en 2012 et concerne les 30 000 médecins des huit départements de cette région, plus la Saône-et-Loire qui nous a rejoints. Nous espérons que l’Auvergne nous rejoindra bientôt avec ses quatre départements.
Les soignants en difficulté appellent un serveur vocal où 45 médecins volontaires et bénévoles proposent leur soutien, dans la confidentialité la plus totale, en assurant une astreinte téléphonique 24 h/24 et 7 j/7. L’appel est gratuit.
Pourquoi avons-nous choisi 24 h/24 ? Parce qu’un médecin peut avoir une difficulté à n’importe quelle heure de la journée ou de la nuit, c’est déjà un effort pour lui de prendre le téléphone.
S’il décide de nous appeler, peut-être ne le fera-t-il pas cinq minutes après, en particulier s’il a une pulsion suicidaire.

Si le problème ne peut être résolu immédiatement, nous avons en aval 52 personnes ressources qui peuvent également étudier et résoudre les situations : psychiatres, psychologues, addictologues, conseillers juridiques et fiscaux, avocats, médecins du travail, commissions d’entraide des Ordres, mutuelles, CARMF, AFEM, etc. Nous avons aussi des lieux d’hospitalisation dédiés, mais ce sont plutôt les psychiatres qui les utilisent.

Qui nous appelle ?
60 % de femmes environ, ce qui est logique puisqu’il y en a 60 % qui exercent dans le libéral, et que les étudiants comportent maintenant 65 % de femmes. Nous recevons 10 % d’appels de conjointes qui nous demandent de l’aide pour leur époux en difficulté, fatigué, en dépression, etc.

Nous avons également été très surpris d’avoir 30 % d’appels d’origine hospitalière. Bien qu’ils ne considéraient pas l’Ordre très favorablement, ils nous appellent parce qu’ils ne veulent parler de leurs affaires ni à l’administration, ni à leur chef de service pour ne pas avoir de soucis de carrière ensuite. Enfin, ils hésitent encore à aller voir le médecin du travail.

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Dr Thévenot Dr Thévenot
MOTS

« Les médecins ne sont pas en mauvaise santé, il n’y a pas plus de pathologies chez les médecins qu’ailleurs. »

 

Mais simplement quand un médecin va mal, cela impacte un territoire, un groupe de professionnels.

L’association MOTS (Médecin Organisation Travail Santé) n’est pas là pour soigner les médecins, elle a pour but de les accompagner dans une démarche de reprise en main personnelle. Nous les aidons à relever la tête, à regarder ce qui se passe autour d’eux et à prendre le bon chemin.
Il faut quinze ans pour former un médecin et il ne faut pas perdre ces quinze ans de formation, il faut remettre sur les rails les médecins malades.
Nous ne payons pas un avocat, un psychiatre ou un expert comptable au médecin appelant mais nous l’amenons à trouver la personne ressource dont il a besoin pour qu’il puisse se prendre en charge. Nous avons aidé depuis 2010 à peu près 700 médecins avec trois à quatre demandes nouvelles par semaine. Enfin, certains rappellent régulièrement pour une nouvelle aide.

Les aménagements qui sont proposés au médecin, c’est la modification des horaires de travail, aller se faire vacciner, il y en a beaucoup qui ne le sont pas, se faire dépister, arrêter l’automédication, s’informatiser ou avoir recours à un expert-comptable.

Nous offrons un accueil téléphonique disponible 24 h/24, 7 j/7. Nous proposons également un guide pratique d’analyse et faisons intervenir dans plusieurs régions de France ce que nous appelons les médecins-effecteurs MOTS que nous avons formés. Ils sont actuellement une douzaine et sont essentiellement des médecins du travail, ou ayant une compétence type médecine du travail.
Nous essayons d’avoir en permanence une supervision de ces médecins pour qu’eux-mêmes ne se sentent pas en situation difficile face aux rencontres qu’ils font de praticiens en très grande difficulté.
J’insiste beaucoup sur le fait qu’un médecin qui appelle MOTS se retrouve dans la même situation que le patient que nous rencontrons dans notre cabinet, secret médical obligatoire.

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Pr Galam Pr Galam
AAPML

« Depuis 2005, l’AAPML offre un numéro d’appel h24 et j7, anonyme et non surtaxé permettant aux médecins libéraux d’être écoutés, orientés ou informés par des psychologues cliniciens spécialement formés. »

 

Qualité des soins, sécurité des patients et sérénité des soignants vont de pair. Le burn-out est un syndrome qui associe trois dimensions :

- la 1re dimension, c’est le rapport à soi-même. Le soignant est épuisé, il n’en peut plus ;

- la 2e dimension, c’est le rapport aux patients, ces patients qui l’épuisent et qu’il finit par ne plus voir comme des êtres humains, mais plutôt comme des objets, voire des problèmes ;

- la 3e dimension, c’est lorsque le soignant ne trouve plus son compte dans ce métier dans lequel il a investi pour aider les autres.

Nous estimons que 10 % à 17 % des médecins ne vont pas bien : épuisement émotionnel, dépersonnalisation, accomplissement professionnel bas, idées suicidaires...

Un travail fait en 2007 montrait que 53 % des médecins libéraux et 60 % des généralistes d’Île-de-France se déclaraient menacés par le burn-out. Il y a cinq ans, une enquête sur toute la France auprès des internes de médecine générale a permis d’estimer que 58 % d’entre-eux sont en burn-out.

Un médecin malade est un médecin qui a honte parce qu’il a le sentiment d’avoir trahi, d’être défaillant.

Nous avons le droit légitime de réussir notre vie et nous avons la même légitimité à demander de l’aide pour ça.

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SOIGNER LES SOIGNANTS

Concilier projet personnel de santé et de vie, et exercice professionnel.

Diplôme inter-universitaire proposé par les Facultés Paris Diderot et Toulouse Rangueil

Programme des modules
1 : Un patient particulier
2 : Santé mentale des médecins
3 : Gestion des risques
4 : Outils et prises en charge

Durée de la formation : quatre week-ends, ainsi qu’une journée de présentation de mémoire.

Pour tout renseignement :
- Professeur Éric Galam (Paris Diderot) : eric.galam@univ-paris-diderot.fr
- Professeur Jean-Marc Soulat (Toulouse Rangueil) : soulat.jm@chu-toulouse.fr

La maquette pédagogique est à votre disposition sur simple demande : soignerlessoignants@orange.fr


 

Dr RoyauxDr Royaux
ARENE

« L’association régionale d’entraide du Nord-Est, qui regroupe l’Alsace et la Lorraine, est née de l’idée que nos confrères avaient souvent un besoin multiple d’aides et qu’ils éprouvaient des difficultés à s’adresser aux différentes institutions pour les demander. »

 

Nous avons voulu être un élément facilitateur et nous proposons aux 18 000 médecins et aux internes de notre région, l’aide de notre association que nous avons voulue fonctionnelle, efficace et économique.

ARENE fonctionne 24 h/24, 7 j/7 et permet à un médecin en difficulté de joindre des confrères écoutants qui ont suivi une formation, ont un livret de ressources sur lequel ils peuvent se baser pour proposer une orientation au médecin, le tout avec un engagement de confidentialité.

Un compte-rendu de l’activité sera adressé ensuite à l’association, bien sûr le nom du médecin en difficulté sera occulté.

Pour notre région, notre budget qui est de 50 cents par médecin, sert à financer l’informatique et le secrétariat. Nous avons eu, pour démarrer, une subvention du CNOM. Le financement est assuré par les URPS, les conseils départementaux de l’Ordre et une partie du conseil régional.

Nous avons voulu une efficacité. Le confrère écoutant pourra proposer à l’appelant des solutions en fonction des problématiques qu’il peut rencontrer. Des solutions qui pourront passer par l’intermédiaire d’avocats, de psychiatres, d’assistantes sociales, de médecins du travail, d’experts- comptables ou d’avocats spécialisés en droit des familles, en droit fiscal ou pénal. Nous pouvons aussi utiliser notre réseau d’hospitalisation en psychiatrie qui pourra organiser une hospitalisation en Alsace ou en Lorraine.

On espère donc que le jour où la vie d’un médecin devient une corrida, il pourra trouver au sein de notre association ARENE une certaine sérénité.

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