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Docteur Gérard MAUDRUX, Président de la CARMF

Pour le cas particulier du confrère, qu'il ne s'inquiète pas ! Quel que soit son âge, les droits sont les mêmes aujourd'hui et seront les mêmes demain ou dans deux ou trois ans. Il ne faut pas croire - c'est pourquoi je l'ai fait préciser par le Docteur Guy MOREL - que cela va chuter demain de 40 % si l'on ferme ou de 50 % si l'on maintient.

Cela ne sera pas brutal, cela se fera sur la durée, sur trente cinq ans.

D'une année sur l'autre, il n'y aura pas de changement. C'est pourquoi il faut prévoir des mécanismes pour supprimer ces effets de seuil.

Si j'ai bien compris la réponse du Docteur Martial OLIVIER-KOEHRET, sans l'attaquer, tu es d'accord pour enlever l'épine dans le pied gauche à la condition de trouver la solution où l'endroit pour la mettre au pied droit !

 

Docteur Martial OLIVIER-KOEHRET, Président de MG France

C'est un vrai sujet et une vraie question. Tous ici, nous sommes tous des offreurs de soins, de prestations que l'on délivre. La plupart sont des professionnels dévoués, compétents, hyper performants en termes économiques par rapport à des institutions et à des salariés.

Comment transformer cette activité - cela a été exprimé avec la chirurgie de l'hernie discale - d'un point de vue économique ? Aujourd'hui, pour les généralistes, la plus grande partie de ces prestations est prise en charge dans le cadre de la protection sociale, avec un périmètre en cours de redéfinition. Comment discuter des éléments de ce périmètre ?

Une des questions est d'avoir un acte pour lequel on est insuffisamment rémunéré aujourd'hui, certes, mais pour lequel on répond à une demande d'un patient à un moment donné. Si on veut passer sur la prise en charge de la santé de ce patient, cette activité en termes d'actes successifs ne correspond pas à cela. C'est ce qu'a dit le Président de la République concernant l'Alzheimer en parlant de l'introduction d'un forfait.

Comment se construit cette affaire qui n'est pas dans le champ de la protection sociale et comment se construit ce qui est dans le champ de la protection sociale, avec quel type de prise en charge, avec quel type de compensation ?

En cela, il y a une espèce de révolution culturelle à mener sur notre approche du dispositif. Si l'on veut prendre en charge la santé des personnes en face des professionnels ou la santé des Français pour l'ensemble du groupe professionnel, il y a à trouver, dans le cadre de la négociation à mener et du nouveau contrat à mettre en place avec la société - qui ne correspondra pas à ce que l'on a connu auparavant - des éléments de compensation ou de rémunération qui n'existent pas aujourd'hui.

 

Professeur Jacques ROLAND, Président honoraire du CNOM

Merci au Docteur Martial OLIVIER-KOEHERT pour ses remarques.

Docteur Prosper THIA KIME,

Délégué du collège des cotisants de la région de Marseille

Deux questions qui animeront peut-être le débat :

Première question : Avons-nous les moyens de discuter avec un partenaire qui ne veut pas discuter avec nous et qui, depuis vingt cinq ans, nous fait gérer une pénurie ?

 

Nous sommes la seule profession qui se sacrifie quand il y a des difficultés économiques ; les politiques font des cadeaux et nous des sacrifices.c'est pourquoi la plupart des confrères avec lesquels je discute me disent que ce n'est pas la peine de se syndiquer, que cela ne sert à rien, qu'il n'y a aucun moyen d'agir. Ils ne se syndiquent donc pas et restent indifférents à tout, ne comprennent rien à la retraite,
n'y connaissent rien et ne veulent rien savoir parce qu'ils ont l'impression que cela ne sert à rien !

Deuxième question : comment faire l'unité syndicale ce matin ?

D'après ce que j'ai compris du débat, s'il n'y a pas unité syndicale et unité de parole, sachant que l'on ne représente qu'un syndicat sur cinq, nous ne sommes que 20 % de médecins syndiqués, qui plus est dichotomisés. On ne représente donc rien face à un Etat hyper puissant qui fait ce qu'il veut de nous.

Depuis vingt cinq ou trente ans que je suis syndiqué, on ne fait que gérer la pénurie. En 1984, à ma première syndicalisation, j'étais trésorier du syndicat. A l'époque, on faisait déjà la comparaison : alors que nous étions payés l'équivalent de 16 euros, les médecins américains faisaient 100 dollars de l'acte ! Merci.

Docteur Gérard MAUDRUX, Président de la CARMF

À la première question, désolé, je n'ai pas la réponse. Comment faire avec ces gens-là ?

A la deuxième question, je réponds que nous sommes plus nombreux aujourd'hui qu'hier.

Il y a des absents, mais J'ose espérer - je pense quec'est logique - que demain, on sera plus nombreux encore et que tout le monde sera là parce que, pour être efficace contre nos adversaires de la première question, il convient d'être tous ensemble. J'espère que nous y arriverons un jour et je pense que nous y réussirons.

Docteur Yves LEOPOLD, Vice-président de la CARMF

Tout d'abord, s'agissant du référendum, nous sommes un peu sur le coup du syndrome européen. Il ne faut pas renoncer à l'idée de demander leur avis aux gens dont on pense qu'ils ne comprennent pas les problèmes. Il ne faut pas trop les sous-estimer et je pense qu'ils comprennent. l'expérience du référendum européen ne doit pas nous faire renoncer à demander l'avis des médecins.

D'autre part, en tant que médecin du secteur I, retraité dans huit ans, légaliste et conventionniste, la rupture du pacte ASV me paraît être le vrai risque. Ce n'est pas la suppression, la fermeture, voire la réforme qui est le risque ; la vie conventionnelle ne s'arrêtera pas parce que l'ASV disparaît. Ou alors, elle s'arrêtera parce qu'il n'y a plus aucune confiance des médecins.

Cette confiance passe par la nécessité de trouver d'autres moyens de compensation aux sacrifices conventionnels. Ces moyens ne peuvent plus être des moyens différés.

Je crois que l'essentiel, pour les médecins, c'est qu'ils n'accepteront plus - chat échaudé craint l'eau froide - des promesses différées, des honoraires différés, des engagements aléatoires futurs et, plus qu'aléatoires, risqués !

Docteur Bruno LEMAIRE,

Administrateur du collège des cotisants de la région d'Orléans

Le problème majeur en ce qui concerne la fermeture du régime ASV est qu'il repose sur un triple constat dont on peut dire qu'il est politiquement incorrect :

1.  d'abord, il signe la faillite du régime par répartition (cf. les problèmes de démographie.) ;
2.  Il atteste qu'une convention ne sert à rien, que c'est un morceau de papier qui n'engage personne ;
3.  Il signe aussi la faillite de � l'État providence € qui, aujourd'hui, ne se porte pas à la rescousse des gens qui en ont besoin.

c'est cela qui va rendre cette fermeture socialement difficilement acceptable. (Applaudissements).

Professeur Jacques ROLAND, Président honoraire du CNOM

Voilà un argumentaire. Merci d'apporter ce point.

Docteur Michel BERTHOLON,

Délégué du collège des retraités de la région de Lyon

Merci au Docteur Claude POULAIN d'avoir dit qu'il fallait discuter avec absolument tout le monde, même avec ceux qui, malheureusement, ont eu l'incorrection de ne pas répondre à l'invitation de la CARMF. Personnellement, j'ai été très impressionné par le travail, les efforts et la présentation qui nous en a été faite par les chirurgiens-dentistes. Je pense que cet énorme travail n'a pas été fait de gaîté de coeur, mais avec beaucoup de responsabilité. J'estime que sur le fond, ce travail doit être soumis à la réflexion du plus grand nombre. Sur la forme, je pense qu'il mérite nos félicitations pour son souci d'équité intergénérationnelle.
C'est tout ce que j'ai à dire. (Applaudissements).

Professeur Jacques ROLAND, Président honoraire du CNOM

Merci. Le représentant des chirurgiens-dentistes a bien entendu. On le félicite.

Docteur Didier PERAULT,

Délégué du collège des retraités de la région Banlieue Parisienne

Nous avons assisté ce matin à un procès en règle de l'État qui � ne tient pas ses engagements �. Ce constat est certainement exact, mais il nous laisse partir de cette séance avec un malaise - celui d'être mal gouverné - et une certitude - celle que les droits acquis ne seront jamais honorés par l'État. Je pense donc que les partisans de la fermeture qui sont majoritaires autour de la table, devraient maintenant avoir plutôt le courage de parler de fermeture de l'ASV sans maintien des droits acquis !