Idées reçues

On entend souvent dire “J’ai payé, j’ai droit”,ce qui est juste, mais aussi dire “J’ai payé pour des gens qui euxn’avaient jamais payé”. Nous avons donc cherché à savoir si cela avaitexisté et dans quelles conditions.

Régime de base

Le décret du 30 mars 1949 prévoyait :
“Peuvent seules bénéficier des allocations de vieillesse les personnes quijustifient :

1) Avoir exercé leur profession commedernière activité pendant dix années consécutives. Les périodes de mobilisation, oupériodes assimilées, des intéressés définies par les statuts de la Caisse autonomesont considérées comme n’interrompant pas leur activité.

2) Avoir versé régulièrement lescotisations légalement exigibles.”

 

Régime complémentaire

Nous avons retrouvé des documents de1953 en faisant état.

En fait, les cotisations non verséespouvaient être rachetées et l’on pouvait ainsi racheter une carrière complète detrente-cinq ans, soit 140 points, pour un prix intéressant correspondant à deux ans etdemi de retraite. Ceci pour la théorie, car en pratique ce droit était peu utilisé.

La retraite servie, tous régimesconfondus, était alors de 191 000 F de 1953 par an, soit 22 000 Fd’aujourd’hui.

Pour cette raison, par vocation et parceque les mentalités de l’époque étaient différentes, la plupart des confrères neprenaient pas leur retraite.

En 1953, on dénombrait 2 500 médecinsretraités pensionnés par la CARMF, mais aussi 3 604 médecins exerçant encore après 65ans, dont 907 âgés de plus de 75 ans !

Pour les veuves ; il y en avait 4 300 etl’on avait calculé qu’il y en aurait 2 900 de plus, correspondant aux 3 604médecins encore en retraite de plus de 65 ans. Compte tenu de la réversion de 50 %, cerachat correspondait à cinq ans de prestations.

Il faut tenir compte également du faitqu’à l’époque, l’espérance de vie à la retraite était de dix ansinférieure à celle d’aujourd’hui.

L’âge moyen au décès du médecinretraité était de 78 ans, bien supérieur à la moyenne nationale contrairement àd’autres idées reçues.

Les “véritablesimpécunieux”, selon le terme de l’époque, pouvaient être dispensés durachat.

Au 15 février 1951, 96 médecinsavaient été exonérés totalement, 83 partiellement, 68 s’étaient vu opposer unrefus et 173 demandes restaient à l’étude. Parmi les veuves, 39 ont étéexonérées totalement de ce capital de rachat, 158 partiellement, 90 ont eu un refus et269 demandes étaient en cours d’étude. D’autres mesures limitaient ces actions: il fallait avoir exercé dix ans pour avoir droit au premier franc de retraite et vingtans pour avoir le droit de racheter une carrière complète.

A l’époque, la prise en charge decette solidarité, semble-t-il plus stricte et moins généreuse qu’aujourd’hui,ne coûtait pas trop cher en raison du nombre de cotisants : 31 000 pour 2 500 médecinsretraités ; la cotisation retraite, tous régimes confondus, était, toujours selon lemême document, de 93 C pour 700 C aujourd’hui (580 C pour les secteurs 1). Impôtset charges sociales étaient également moindres, dans des proportions peu éloignées.

Pour être complet, n’oublions pasque cette période faisait suite à dix années difficiles et vingt années de tumultesfinanciers considérables.

 

Rappel des cotisations et des retraites moyennesen francs constants 2000   

Années

Cotisations de retraite

Retraite du médecin

Pension de réversion

    1951

3 906

21 475

11 030

    1960

8 296

32 107

15 601

    1970

21 055

97 932

46 603

    1980 secteur 2

29 539

151 813

68 504

    1990 secteur 2

46 931

178 263

77 199

    2000 secteur 2

75 942

182 658

83 366

 

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